Sommaire
- La VMC est-elle obligatoire en RE2020 ?
- La VMC simple flux peut-elle suffire ?
- Quand choisir une VMC double flux en RE2020
- Foire aux questions
La RE2020 rend-elle la VMC double flux obligatoire dans une construction neuve ? Cette question revient souvent depuis que la réglementation environnementale 2020 a remplacé la RT 2012. Voici ce que la norme impose réellement en matière de ventilation, les systèmes compatibles avec ces exigences et les situations dans lesquelles la double flux devient le choix le plus pertinent.
La VMC est-elle obligatoire en RE2020 ?
La RE2020 n'impose pas une technologie de ventilation précise. Elle fixe des objectifs de performance énergétique, de qualité de l'air et d'étanchéité, que le concepteur doit atteindre avec le système adapté au projet. Une VMC double flux n'est donc pas obligatoire dans tous les logements neufs, mais le niveau d'étanchéité attendu rend la ventilation mécanique nécessaire. Pour connaître les obligations applicables, consultez la réglementation sur la VMC double flux.

La réglementation thermique applicable depuis 2022
Pour les permis de construire déposés depuis le 1er janvier 2022, la réglementation applicable est la RE2020, et non la RT 2012, parfois appelée à tort RT 2020. La RE2020 renforce les exigences de perméabilité à l'air. Ces seuils rendent le renouvellement d'air naturel insuffisant et impliquent le recours à la ventilation mécanique. La réglementation concernant les exigences de la reglementation vmc applicable à un logement neuf repose notamment sur l'arrêté du 24 mars 1982, qui impose une aération générale et permanente avec des débits minimaux selon le nombre de pièces.
- Perméabilité à l'air : 0,6 m³/h/m² en maison individuelle et 1 m³/h/m² en logement collectif. Ces seuils sont incompatibles avec une ventilation naturelle non assistée.
- Indicateur Cep : la consommation électrique des ventilateurs et les déperditions thermiques du réseau entrent dans le calcul de l'énergie primaire conventionnelle, plafonnée à 50 kWh ep/m²/an en moyenne.
- Indicateur Bbio : il mesure les besoins bioclimatiques de chauffage, de refroidissement et d'éclairage sans comptabiliser directement la ventilation.
La RE2020 introduit aussi un indicateur en degrés-heures pour quantifier l'inconfort estival et exige que le confort soit assuré sans climatisation fixe.
Une ventilation mécanique adaptée au logement neuf
Dans un logement neuf très étanche, le renouvellement d'air naturel ne suffit pas à garantir la qualité de l'air intérieur ni le respect des débits réglementaires. Une vmc est obligatoire en construction neuve depuis l'arrêté de 1982, tandis que la RE2020 renforce indirectement cette obligation par ses exigences d'étanchéité. Le système retenu, hygro B ou double flux, doit être dimensionné à partir du niveau d'étanchéité à l'air visé et des caractéristiques du réseau.
Dès qu'une pièce de service reçoit une extraction mécanique, toutes les autres pièces de service du même logement doivent également être équipées. Une fois le plan validé, le choix entre simple flux et double flux dépend de l'étude énergétique et du budget du projet.
Les contrôles de conformité en fin de chantier
La RE2020 impose une vérification du système de ventilation à l'achèvement des travaux. Un opérateur indépendant intervient selon le protocole ventilation re2020, qui détaille plus de 200 pages de points de contrôle. En logement collectif, 51 points de vérifications sont requis. Avant la RE2020, près de 78 % des installations n'étaient pas conformes à réception.
- Pré-inspection documentaire : vérification du dossier technique, des notes de calcul et des plans de réseau avant toute intervention sur site.
- Vérifications fonctionnelles : contrôle du caisson, des trappes d'accès, du positionnement des bouches et de l'étanchéité des raccordements.
- Mesures aux bouches : relevé du débit ou de la pression à chaque bouche d'extraction et, en double flux, à chaque bouche de soufflage, afin de vérifier le respect des débits réglementaires.
La conformité se joue sur la qualité du réseau posé : un coude en trop, une section mal calibrée ou une gaine souple en aluminium peuvent suffire à faire échouer le contrôle. Transmettez les plans validés au bureau d'études avant le démarrage de la pose pour éviter ces blocages.
La VMC simple flux peut-elle suffire ?
La VMC hygroréglable de type B reste la solution la plus installée dans les logements neufs. Correctement dimensionnée et posée, elle respecte les exigences de la RE2020. Ses débits s’adaptent à l’humidité intérieure, ce qui limite les déperditions thermiques liées à un renouvellement d’air excessif, un point pris en compte dans le calcul du Cep.

Le principe de l’hygro B
L’hygro B module les bouches d’extraction et les entrées d’air selon le taux d’humidité de chaque pièce. À l’inverse d’une VMC simple flux autoréglable, elle ne maintient donc pas un débit constant. Les pertes de chaleur diminuent lorsque le logement est inoccupé ou peu sollicité.
Une VMC est obligatoire dans toute maison neuve depuis 1982. La VMC autoréglable conserve des débits fixes, quelle que soit l’occupation. Elle pénalise ainsi le calcul du Cep et n’est pratiquement plus installée dans le logement neuf. L’hygro B peut générer jusqu’à 58 % d’économies d’énergie par rapport à un système autoréglable équivalent, grâce à l’adaptation permanente des débits aux besoins réels.
Coût et impact sur les performances
Le choix du système de ventilation pour une maison neuve agit directement sur le budget de construction et sur le calcul réglementaire. Une VMC hygroréglable B coûte généralement entre 1 500 et 2 500 € TTC, contre 4 000 à 8 000 € pour une VMC double flux. Sa consommation électrique continue se situe entre 15 et 30 W, soit environ 130 à 260 kWh par an.
La VMC double flux consomme entre 40 et 80 W en fonctionnement continu, en raison de ses deux ventilateurs. Cet écart peut toutefois être compensé par les économies de chauffage liées à la récupération de chaleur sur l’air extrait, notamment dans les régions froides ou les logements très isolés. Vérifiez cet équilibre dans l’étude énergétique avant de retenir un système.
| Critère | VMC hygro B | VMC double flux |
| Coût moyen TTC | 1 500 – 2 500 € | 4 000 – 8 000 € |
| Consommation électrique | 15 – 30 W (130 – 260 kWh/an) | 40 – 80 W |
| Économies vs autoréglable | Jusqu’à 58 % | Variable selon zone |
| Récupération de chaleur | Non | Jusqu’à 90 % |
| Complexité de pose | Modérée | Élevée (2 réseaux) |
Un réseau conforme au DTU 68.3
La norme NF DTU 68.3, publiée en avril 2017, encadre la conception, le dimensionnement, la mise en œuvre et l’entretien de tout système de ventilation mécanique. Pour une hygro B, la conformité se joue sur les vitesses d’air maximales dans les conduits : 4 m/s dans la partie logement, 5 m/s dans les conduits verticaux et 6 m/s dans les conduits horizontaux.
Le dimensionnement doit intégrer le niveau d’étanchéité à l’air visé par la RE2020. Les gaines souples en aluminium sont à proscrire, car elles entraînent des pertes de charge importantes et peuvent se pincer. Préférez des gaines rigides avec raccordements à joints.
- Vitesses d’air : 4 m/s en logement, 5 m/s en conduit vertical et 6 m/s en conduit horizontal, à vérifier lors du dimensionnement des sections.
- Étanchéité des raccords : joints en caoutchouc sur les gaines rigides, raccords collés ou sertis, sans assemblage dépourvu d’étanchéité.
- Coudes et longueurs : réduisez le nombre de coudes au minimum ; chacun augmente les pertes de charge et peut dégrader l’équilibrage du réseau.
- Isolation : tout conduit traversant un volume non chauffé doit être isolé afin de limiter les déperditions thermiques et d’éviter la condensation.
Une fois le plan de réseau validé, les débits doivent atteindre les minima réglementaires de l’arrêté du 24 mars 1982. Pour un logement de trois pièces principales, la cuisine requiert 105 m³/h, la salle de bains 15 m³/h et les WC 15 m³/h. Pour en savoir plus sur la réglementation des VMC en logement collectif, les mêmes principes de dimensionnement s’appliquent, avec des exigences supplémentaires concernant le désenfumage et les clapets.
Quand choisir une VMC double flux en RE2020
La VMC double flux n’est pas systématiquement requise par la RE2020. Elle devient toutefois pertinente dans certaines configurations, notamment lorsque le calcul énergétique vise une haute performance thermique. À l’inverse, une VMC hygro B peut suffire dans un projet plus standard. Le choix doit donc être arrêté à partir de l’étude énergétique et de l’intégration du système de ventilation dans les plans.
Les bénéfices de la double flux
La VMC double flux avec récupération de chaleur extrait l’air vicié des pièces de service et insuffle simultanément de l’air neuf filtré dans les pièces principales, au moyen de deux réseaux distincts. Son échangeur thermique récupère jusqu’à 90 % de la chaleur contenue dans l’air extrait afin de préchauffer l’air entrant et de réduire les besoins de chauffage.
Un DPE très performant profite directement de la récupération de chaleur, à condition que le calcul réglementaire confirme l’intérêt de l’installation.
- Qualité de l’air : l’air soufflé est filtré avant son arrivée dans les pièces principales. Cette filtration limite les pollens et les particules fines.
- Récupération thermique : jusqu’à 90 % des calories extraites sont restituées à l’air neuf, soit environ 1 500 kWh par an dans une maison bien isolée selon l’ADEME.
- Haute performance : la double flux convient aux constructions passives ou à énergie positive, lorsque le niveau de consommation visé rend la récupération de chaleur particulièrement utile.
- Maîtrise des débits : les deux réseaux permettent de contrôler précisément le débit dans chaque pièce et de limiter les entrées d’air parasites.
Associer une VMC double flux à la RE2020 facilite l’atteinte des objectifs de consommation d’énergie primaire. Cette récupération est valorisée dans le calcul réglementaire, surtout en zone climatique froide, où elle peut compenser la consommation électrique des deux ventilateurs.
Les contraintes techniques et d’entretien
Une VMC double flux nécessite de réserver, dès la conception architecturale, un espace pour le caisson, les deux réseaux de gaines et les accès d’entretien. Dans une maison à étage, le passage des gaines de soufflage ajoute une contrainte que la simple flux ne génère pas. Intégrez le réseau aux plans avant le chantier pour éviter des modifications coûteuses.
L’installation d’une VMC double flux représente un investissement compris entre 4 000 et 8 000 € TTC en maison neuve, soit deux à trois fois le coût d’une hygro B.
- Filtres : contrôlez-les régulièrement et remplacez-les une à deux fois par an pour préserver la qualité de l’air et le rendement de l’échangeur.
- Échangeur thermique : un nettoyage annuel maintient le rendement de récupération de chaleur et limite les pertes de performance.
- Entretien approfondi du réseau : prévoyez une intervention tous les 3 à 5 ans afin de conserver l’étanchéité et les performances aérauliques de l’ensemble.
La VMC double flux nécessite donc un suivi plus régulier qu’une simple flux. Sans entretien, les gains thermiques diminuent et la qualité de l’air se dégrade progressivement. Planifiez les interventions dès la réception du chantier et consignez-les par écrit pour assurer la traçabilité réglementaire.
Le débit minimal reste réglementaire
Quel que soit le système retenu, les débits d’extraction minimaux fixés par l’arrêté du 24 mars 1982 restent applicables. Pour un logement de cinq pièces principales ou plus, le débit d’extraction requis est de 135 m³/h en cuisine, 30 m³/h en salle de bains et 30 m³/h aux WC. Ces valeurs constituent le plancher réglementaire. Double flux et simple flux doivent le respecter. Pour consulter la réglementation VMC en logement, les débits par configuration sont détaillés avec les textes applicables.
La RE2020 renforce les exigences de vérification à la réception du chantier au moyen du protocole ventilation RE2020. Celui-ci comprend un contrôle documentaire, des vérifications fonctionnelles et une mesure du débit à chaque bouche. Une VMC conforme au DTU 68.3 et correctement équilibrée satisfait ces contrôles, qu’il s’agisse d’un système simple flux ou double flux.
Foire aux questions
La RE2020 impose-t-elle obligatoirement une VMC double flux dans les constructions neuves ?
Non. La réglementation environnementale 2020 fixe des objectifs de performance énergétique et d’étanchéité à l’air, sans imposer un système de ventilation précis. Une VMC hygroréglable de type B, correctement dimensionnée et posée, peut répondre aux exigences de la RE2020 dans la majorité des maisons individuelles neuves. La VMC double flux convient davantage aux projets passifs ou visant un DPE très performant, mais elle n’est pas obligatoire dans tous les cas.
Quelles sont les obligations de ventilation mécanique dans un logement neuf en 2024 ?
L’arrêté du 24 mars 1982 impose une aération générale et permanente dans tout logement neuf, avec des débits minimaux d’extraction selon le nombre de pièces principales. Applicable aux permis de construire déposés depuis le 1er janvier 2022, la RE2020 ajoute des exigences de perméabilité à l’air et d’efficacité énergétique. En pratique, un système de ventilation mécanique est donc presque toujours nécessaire, le plus souvent une VMC hygro de type B ou une VMC double flux. À réception, un contrôle de conformité avec mesure des débits aux bouches est obligatoire.
Quelles sont les exigences du protocole ventilation RE2020 lors du contrôle de fin de chantier ?
Le protocole ventilation RE2020 est un document officiel de plus de 200 pages. Il structure les vérifications à effectuer à la réception d’un chantier neuf. La procédure comprend trois étapes : une pré-inspection documentaire des notes de calcul et des plans, des vérifications fonctionnelles sur site concernant le caisson, les trappes d’accès et les raccordements, puis la mesure du débit ou de la pression à chaque bouche. En logement collectif, 51 points de contrôle sont requis. Un réseau mal dimensionné ou mal posé peut entraîner un refus de conformité et retarder la livraison du chantier.



